« Certains hommes répandent, pour ainsi dire de naissance, un fluide (...) dont on ne peut discerner au juste en quoi il consiste ... »

Charles de Gaulle (1890-1970), Le Fil de l’épée.

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De Gaulle à Antibes

Quelques jours avant, à l’école,
Chacun avait eu un drapeau
Bleu blanc rouge, en papier, pas très grand, pas très beau
Pour aller écouter, sur la Place-de-Gaulle,

Le Général du même nom
De passage dans notre ville.
Mon père m’y mena, et, en première file
On attendit longtemps au milieu des maisons

Drapées aux couleurs de la France
Avec des messieurs sur les toits
Armés et qui couraient, allez savoir pourquoi
Et le Grand Homme, lui, n’était pas en avance.

J’avais envie de faire pipi ;
Le moment était historique.
Le Général parlait de sa voix bien typique.
Tous les gens l’écoutaient. On me verra. Tant pis.

J’ai osé sortir ma quiquette
Et faire là, devant la foule
Un bruit d’eau crépitant, une flaque qui coule
Par dessous les barrières et la police inquiète.

Tout Antibes et le Président
Ont pu voir couler ma rigole
J’ai uriné devant le Général de Gaulle.
Qui, Françaises, Français, peut donc en dire autant ?

Lundi et mardi 16 & 17 juin 1997.

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Michel ASTRE, Poèmes et chansons pour les cinq saisons.