Retour à l'accueilLigineuxVers un autre poème ...

Il était ligineux, du matin jusqu’au soir.
Son papa, sa maman lui répétaient sans cesse
En fronçant le sourcil, à coups de pieds aux fesses :
« Sois ligineux mon fils ; tais-toi et viens t’asseoir. »

Il resta ligineux, tout au long de sa vie.
Même à cet âge ingrat qu’on nomme
adolescence,
Il ne laissa jamais la désobéissance
S’emparer de son cœur. Et il en fut ravi.

Il mourut ligineux, un triste soir d’automne,
Emportant avec lui comme l’on serre un nœud
La signification même de
ligineux.
On oublia jusqu’à ce mot. Ça vous étonne ?

À quoi cela sert-il de vivre en bon exemple
Si sitôt enterré il n’en subsiste rien ?
Ne vaudrait-il pas mieux traîner comme un vaurien,
Amasser un empire et se bâtir des temples ?

Andonno, mercredi 28 octobre 1998.

 

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Michel ASTRE, Poèmes et chansons pour les cinq saisons.